Curitiba
Capitale écologique du Brasil


Sources:

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Une ville brésilienne comme les autres?

Vue panoramique de Curitiba

Curitiba, capitale de l'Etat du Parana, est localisée au centre de la région plus industrialisée d'Amérique du Sud.
Celui qui voit des photos de Curitiba se demande comment cette ville fut gratifiée d'un prix environnemental de l'ONU en 1990 puis du titre de Capitale écologique du Brasil à la conférence mondiale ECO 1992.
En effet, extérieurement, rien ne distingue Curitiba d'une autre métropole sud-américaine:

- des gratte-ciel déchirent la ligne de l'horizon.
- des favelas et des blocs d'appartement s'opposent à des quartiers résidentiels.
- de 150 000 habitants en 1950, Curitiba est passée à 1 400 000 habitants en 1996. Pendant trois décennies consécutives, Curitiba a connu le taux d'accroissement de population le plus élevé du Brasil.
- en 1995, on comptait 540 000 véhicules immatriculés à Curitiba.

Au spectateur plus attentif se révèle une autre ville :
une ville où le transport public est performant et bon marché, où les déchets sont recyclés aux deux tiers, où les enfants des rues sont pris en charge, où l'administration et la médecine gratuite sont décentralisés dans des bâtiments gérés par des associations de quartier,...

 

Le transport public

bus articulé

C'est dans ce domaine que Curitiba montre sa première réalisation exemplaire.
Des tramways ont circulé jusqu'en 1952. A partir de cette date, le service de transports publics s'est fortement dégradé au profit de la voiture individuelle.
En 1974, la municipalité prend la première inititiative pour relever le transport en commun: la Rede Integrada de Transporte. Les premières voies pour autobus en site propre sont crées.
En 1991, à l'heure où toutes les villes de plus d'un million d'habitants choisirent un métro très coûteux et destructeur (Bruxelles en est un exemple remarquable), Curitiba opta pour un système de bus 200 fois moins cher que la solution métro, mais où tous les avantages du métro sont repris :

- sites propres sur les artères principales.
- temps d'attente limité à 2 minutes.
- bus extra-longs bi-articulés (270 passagers) pilotés par un seul employé.
- facilités pour les moins-valides.
- réseau en étoile interconnecté avec des routes circulaires.

La municipalité a tracé les parcours, choisi les véhicules, décidé des tarifs (le ticket coûte 15 FB quelque soit la distance tout en permettant le transit) et installé les stations (des arrêts existent aussi dans les favelas).
Mais ce sont des sociétés privées qui ont acheté les bus et engagé les chauffeurs. L'investissement public a été de 300 millions de $, mais maintenant le système fonctionne sans subsides car, pour un $ public investi, il y a quatre $ privés.
Résultat: 1,8 millions de passagers transportés par jour (80 % des déplacements sont effectués en bus malgré que 28 % des usagers des bus possèdent leur propre voiture), 30 % de pollution aérienne en moins. Cela sans investissements publics ni subventions.
Ce système a été repris avec succès par des villes comme Bogota avec son Transmilenio.
Parallèlement au transport public, Curitiba a réalisé de nombreuses zones piétonnes en centre-ville, dont le boulevard central. On compte aussi 135 km de pistes cyclables.

Le recyclage

Les rues de Curitiba sont aussi propres que celles d'une ville suisse.
Le secret: la collecte contre cadeau.
En 1989, sont lancés les programmes "Lixo que não é Lixo" (les déchets ne sont pas des déchets) et "Cambio verde" (échange vert). La municipalité récompense toute personne qui lui apporte des ordures où la fraction organique a été séparée du reste des déchets. Deux fois par semaine, des camions sillonnent la ville et réceptionnent les paquets de papier, de verre ou de plastique préparés par les habitants.
En échange de 4 kg d'ordures triées, on peut recevoir un kg de légumes frais ou encore un ticket de bus ou d'opéra. Les enfants reçoivent du matériel scolaire, des friandises à Pâques et des jeux à Noël.
Les déchets organiques sont compostés pour les plantations de la ville. Les autres déchets sont alors triés dans 16 centres de tri et seulement ce qui n'est pas recyclable sera alors enfoui.

Le recyclage et la lutte contre le gaspillage transparaît dans toute la politique curitibaine:

- Les anciens bus sont affectés à des programmes éducatifs et culturels comme salles de classe ou bibliothèques.
- L'opéra de Arame (1992, 2400 places) et l'Universidade Livre do Meio Ambiente (1991) ont été construits dans d'anciennes carrières.
- Des pavillons de cette Université de l'Environnement ont été construits avec d'anciens poteaux de téléphone comme structure. Ce qui fait dire, à Jaime Lerner, que l'on pratique l'architecture poste-modernisme à Curitiba (poste = poteau en brésilien).

D'autres réalisations remarquables

Curitiba=Jaime Lerner?

Derrière le "miracle" de Curitiba, il y a le travail acharné d'un maire et de son équipe.
Jaime Lerner, architecte et urbaniste, a été nommé maire de Curitiba en 1971 par le gouvernement militaire de l'époque! Depuis, il a été élu au même poste deux fois. Il aura gouverné Curitiba pendant 12 ans.
C'est la créativité de Lerner qui a fait de Curitiba ce qu'elle est aujourd'hui. Par la créativité, il solutionnait les problèmes que le manque d'argent ne permettait pas de résoudre.

Demain, tout l'Etat de Parana?

En 1993, Jaime Lerner a été nommé gouverneur de l'Etat de Parana, élu sur la liste du Parti des Travailleurs (du célèbre syndicaliste Lula). A Curitiba, il a cédé la place à Liana Vallicelli, également architecte, qui continue le travail entrepris.
Va-t'-on voir la créativité curitibaine s'étendre à tout l'Etat de Parana?
En tout cas, il existe déjà 77 vila rural, où on propose aux urbains de se réapproprier la campagne avec un petit terrain autosuffisant. Jaime Lerner essaye au niveau de l'Etat de freiner l'exode rural et la croissance des villes en créant des villes à la campagne.

 

Personnes-ressource et associations

Instituto de Pesquisa e Planejamento Urbano de Curitiba (IPPUC)
669, rua Bom Jesus - Cabral
Curitiba - Paraná - Brasil
Tel.: (041) 352-1414 fax:252-6679
http://www.ippuc.org.br/

 




© Paul De Neyer avril 2005

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